LA MÉMOIRE DE POCLAIN-JOURNAL


Les extraits de « Poclain-Journal », reportés ci-dessous, ont été composé dans un document original, par Michel DRUGEON et Philippe FRITZ, le 12 mars 2004.


Sommaire :
n° 624   - Historique de la Socété
n° 625   - Traîneau-culbuteur
n° 627   - Matériel sur chenilles
n° 628   - Matériel d'extraction de marnes ou craies
n° 629   - Engins à main
n° 630   - Remorque agricole
n° 631   - Remorque à trois roues
n° 632   - Remorque-épandeur
n° 633   - Matériel de transport du bois
n° 634   - Matériel de transport du bois (suite)
n° 635   - Matériel de pulvérisation
n° 636   - Matériel agricole divers
n° 637   - Chargeur sur Dodge
n° 639   - La balayeuse-chargeuse
n° 642   - Jouets
n° 643   - Première pelle TU
n° 644   - Pelle TU
n° 645   - Pelle TU sur camion
n° 646   - Pelle TU sur camion (suite)
n° 647   - Pelle TL
n° 648   - Pelle TO
n° 649   - Pelle TO automotrice et sur camion
n° 650   - Première pelle TY
n° 651   - Pelle TYA
n° 652   - Pelle TY 45
n° 654   - Pelle TC 45
n° 655   - Pelle FC 30 (1963) - FY 30 (1965)
n° 656   - Pelle GC 120
n° 657   - Pelle TCS
n° 658   - Pelle LY80- LC80 - GY120 - TYM - TY2P
n° 659   - Pelle LY 2P
n° 660   - Pelle HC 300
n° 660b - Pelle CP20
n° 275   - Pelle CP20 de A à Z
n° 661   - Pelle RC 200
n° 662   - Pelle EC 1000
n° 663   - Expomat 1974

Les numéros de Poclain-Journal non indiqués ne sont pas l'objet de rubrique historique.


Poclain-Journal n° 624 du 01/02/1980.

C'est effectivement en 1930 que la marque Poclain a été créée, mais l’activité industrielle de son fondateur, M. Georges BATAILLE, avait débutée officiellement trois ans auparavant.

Buvard Ateliers Bataille et LégerLe 1er mai 1927 était créée une société en nom collectif « BATAILLE et LÉGER ». Monsieur LÉGER était mécanicien auto-vélo à Lagny le Sec. Il décédait en 1930, la société était dissoute, et le 12 décembre 1930 M. Georges BATAILLE créait, en continuation de la Société dissoute, une nouvelle affaire sous la raison sociale « Ateliers de Poclain ».

En 1948 création de deux sociétés : les Ateliers de Poclain pour l'activité commerciale, la Société de Constructions Industrielles du Plessis-Belleville et de Crépy-en-Valois, en abrégé « COPLEVA » pour l’activité industrielle. C'est le 10 décembre 1953 que ces deux sociétés fusionnent sous la raison sociale Ateliers de Poclain. Dernière transformation en octobre 1962 où nous devenons Société anonyme avec modification de la raison sociale qui devient « POCLAIN ».
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Poclain-Journal n° 625 du 15/02/1980.

En 1930, Monsieur Georges BATAILLE étant agriculteur, c’est bien entendu dans le matériel agricole qu'il va orienter les activités des tout nouveaux ateliers de Poclain. Nous verrons, dans nos prochains numéros que ce matériel a très vite évolué grâce à l'adaptation de roues à pneumatiques.
Nous découvrons aujourd’hui les « ancêtres ».

Le traineau culbuteur à claire-voie
Le traineau culbuteur à claire-voie.

Tout spécialement étudié pour le débardage des betteraves avec économie de traction et ménagement des sols. Il fallait quand même trois bons chevaux pour tirer cette benne de 800 litres d'une capacité de chargement de 1,5 m3 (avec dôme) montée sur larges patins d'acier. L'ensemble pesait à vide 260 kg. Le traineau culbuteur à claire-voie

Comme nous le découvrirons au fur et à mesure de notre historique, le souci, de polyvalence et d'adaptation a toujours été une des lignes de politique fondamentale de notre Société. Déjà à cette époque, la benne de ce traîneau était adaptable sur des roues pour chemin de fer à voie étroite, ce qui ouvrait également le marché des sucreries et des distilleries.
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Poclain-Journal n° 627 du 29/02/1980.

Le fardier
Le 8 Juillet 1932, Monsieur Georges BATAILLE déposait un brevet d'invention de « bandes de roulement (ou chenilles) destinées aux véhicules se déplaçant sur des terrains accidentés ou peu résistants; elle vise plus particulièrement les chenilles pour véhicules agricoles ». Ce premier brevet est suivi d'un second le 28 Septembre 1932 concernant l'utilisation de chenilles additionnelles sur véhicules à roues. Ces 2 brevets sont intéressants à plus d'un titre : Adapter le matériel au terrain : À cette époque le matériel agricole ou forestier ne se concevait qu'avec des roues de bois. Dès que le terrain devenait meuble, surtout à la période des charrois de betteraves, la seule solution pour tirer les tombereaux était de rajouter des chevaux. Diminuant la pression au sol, les chenilles rigides devenaient la solution idéale et faisaient dire à nos premiers clients : « Je trouve votre invention merveilleuse, tassement du sol absolument nul, traction très facile même par temps humide. Ils m’ont été d’un grand secours ».

Le fardier

Tombereau à chenille
Utilisation polyvalente :
Ce souci de polyvalence, on le retrouvera tout au long de la vie de Poclain. Elle est la marque de l'esprit inventif de notre fondateur. C'est donc tout naturellement que les chenilles vont équiper les wagonnets-traîneaux que nous avons présentés dans notre dernier numéro, ainsi que des fardiers ou remorques à bois. L'utilisation la plus ingénieuse est probablement son adaptation sous les tombereaux agricoles, qui permettaient à ceux-ci de rouler normalement sur leurs roues sur les routes et les chemins, puis lorsque la terre devenait molle d'être supportés par la chenille centrale. Le marché s’étendra au montage sur des moissonneuses batteuses a riz, et à bien d’autres matériels.
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Poclain-Journal n° 628 du 14/03/1980.
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Avant d'aborder le « gros morceau » que constituent le matériel forestier et le matériel agricole sur pneus, revenons sur ce qui fut probablement le premier matériel Poclain et qui date de 1930 :

Le matériel d'extraction de marnes, ou de craies.

Matériel d'extraction de marnes On note avec ce matériel les deux axes qui ont toujours orienté les choix de notre fondateur :
la simplification du travail de l’homme et la construction d’un matériel robuste, simple, qui puisse s’adapter éventuellement à d’autres utilisations.
La notice que nous reproduisons explique la nécessité, dans une agriculture moderne, de marner la terre. Ce procédé étant utilisé pour lutter contre l’acidité des terres, due à une culture intensive, était beaucoup plus économique que le chaulage : 100 F de l'époque pour la tonne de chaux contre 15 F la tonne de marne extraite avec l’appareil Poclain.
Cet appareil consistait en un système de chargeur monté sur un chevalement en bois permettant à une benne à renversement automatique de circuler, d’abord verticalement, puis horizontalement jusqu’au point de déchargement, et de revenir toujours automatiquement au bas du puits d'extraction. Le tout étant entraîné par un moteur de 3 CV à essence, Puisque l’on parlait déjà de rendement, signalons que celui de l'appareil pouvait atteindre 15 à 20 m3/jour !
Sa simplicité n’avait d’égale que sa solidité ; quant à sa polyvalence, sachez que lorsque les enfants de M. BATAILLE décidèrent en 1950 de se creuser une piscine derrière la maison familiale, ils l'ont fait avec le vieil appareil de 1930 qui était toujours là et qui a bien servi.

Matériel d'extraction de marnes
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Poclain-Journal n° 629 du 28/03/1980.

Ce ne sont certainement pas les matériels agricoles les plus connus de l’histoire de Poclain que nous présentons ici et il est fort probable que beaucoup d’entre nous n’en n’ont jamais entendu parler. Datant de 1933, ces deux appareils un peu marginaux, étaient bien pratiques et attestent une fois de plus de la grande ingéniosité de M. Georges BATAILLE.


Le sarclet à pompe.

Cet appareil à main était destiné à la destruction des chardons, ou autres mauvaises herbes, en injectant automatiquement une petite quantité de désherbant spécial en même temps que l’on coupait la plante. Le sarclet était composé d’un tube contenant la solution nocive et servant de manche à l’instrument et d’une pompe intégré dont le refoulement aboutissait sous la bêche. L’appareil valait à l’époque 180 F et pesait 3,5 kg, soit, disait la notice « à peu près le poids d'un fusil de chasse ».
Sarclet et coupe branche

Le coupe branche.

Coupe branche
Fabriqué d’après une invention de M. CHAMINADE, cet appareil était destiné à élaguer des arbres. Grâce à son très ingénieux système de scie actionnée par un levier et une tringle, il pouvait élaguer sans problèmes des branches de 8 cm de diamètre à 6  mètres de hauteur. Pour 290 F on pouvait supprimer les risques d'accidents des ouvriers agricoles qui, auparavant grimpés sur des échelles, faisaient ces élagages à la scie à main.
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Poclain-Journal n° 630 du 11/04/1980.

Une des très grandes inventions de notre siècle est sans conteste le pneumatique. Appliqué au matériel agricole, il a occasionné une véritable révolution des habitudes et des méthodes de travail.
Dès 1935, « les Ateliers de POCLAIN » proposaient à leur clientèle un chariot-remorque de 10 t à quatre roues, très bas, qui pouvait recevoir des rehausses et une rallonge portant la longueur de sa caisse à 6 mètres.
Ce chariot-remorque était tiré par des chevaux ou des boeufs.
Remorque pour tracteur
Remorque pour traction animale
L'année suivante, deux remorques (de 7,5t et 10t) à 4 roues prévues pour les tracteurs venaient compléter la gamme. Le gain de traction était de 50% supérieur par rapport à des roues traditionnelles (en bois). « Ces remorques de conception moderne ne sont pas de vagues adaptations de pneumatiques sur des véhicules de modèles anciens » affirmait le prospectus, nous en sommes bien convaincus, tout comme les clients qui écrivaient nombreux pour féliciter le patron. Ces lettres furent regroupées dans un petit fascicule publicitaire « quelques références » datant de 1938.
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Poclain-Journal n° 631 du 25/04/1980.

Trirou avec traction animale
Dès 1938 les Ateliers de Poclain lancent sur le marché agricole un matériel révolutionnaire : la REMORQUE A TROIS ROUES. En dégageant la roue directrice vers l’avant, il était possible de descendre le plancher de la remorque jusqu'à environ 40 cm du sol. La stabilité était ainsi meilleure et le chargement très facilité.

En 1939 quatre modèles étaient proposés : deux chariots universels de 3,5 t et 5 t et deux chariots remorques (7,5 t et 10 t).

Après la guerre, en 1949, la gamme va s'agrandir sous le nom de « TRIROU », avec un chariot de 1,5 t, deux chariots tombereaux de 2 t et 4 t et un tombereau de 6 t.

La polyvalence va trouver sa réelle dimension avec le modèle surbaissé (3 t) qui servira aussi bien aux vendanges qu'à la récolte de la canne à sucre.

Le prospectus des plateaux légers de 2 t et 4 t surbaissés, qui complèteront la série annonçait, non sans un certain humour : « Chaque exploitant peut bricoler seul ou avec son maréchal, les accessoires qu’il désire ». Un « bricolage » de génie sera l’épandeur, mais cela est une autre histoire dont nous parlerons dans notre prochain numéro.
Les versions du Trirou
En route pour les vendanges.
Trirou en utilisation bétaillère
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Poclain-Journal n° 632 du 09/05/1980.

Comme nous l'avons vu dans notre dernier numéro, l'invention du TRIROU devait améliorer considérablement les transports agricoles en mauvais terrain. Il restait des progrès à faire pour faciliter le travail à la ferme. En effet le chargement et le déchargement se faisaient toujours à la main, exception faite de la remorque-tombereau dont la partie arrière forme benne.
Une réflexion de M. Georges BATAILLE sur ce problème devait aboutir en 1954 à la création de la REMORQUE ÉPANDEUR. Deux modèles sont présentés de 4 t et 6 t utilisant la technique de base du trirou de série.
Mécanisme de l'épandeur.
Sur le fond est montée une chaîne d’entraînement à raclette pour vidage à l’arrière. À l’extérieur se fixe le mécanisme d’épandage amovible. L'entraînement de la chaîne se fait à partir de la prise de force du tracteur par l'intermédiaire d'une commande mécanique.
Le débit se règle d’une façon simple et permet de faire varier le temps de vidage de 3 à 20 minutes et de doser à volonté l'amendement entre 15 et 80 tonnes à l’hectare. Ne perdant jamais l'idée de polyvalence, la remorque peut également servir de fourragère. Notons que la remorque épandeur se monte aussi sur GMC pour l'épandage des gadoues par exemple.
Les problèmes de déchargement étant résolus il ne reste plus qu'à inventer un « système » pour charger.

Mais cela est une autre histoire...
Épandeur monté sur GMC.
Remorque épandeur.
Remorque épandeur montée sur GMC.
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Poclain-Journal n° 633 du 23/05/1980.

Si l'agriculture formait pour les Ateliers de Poclain une clientèle privilégiée, elle n’était cependant pas la seule et la forêt a été dès le départ un complément très important. Revenons en arrière pour découvrir que, dès 1933, un FARDIER à CHENILLES était proposé pour les charrois de grumes aux exploitations forestières.
Fardier à chenilles.
Dans une lettre datée du 20 Juillet 1933, M. GILLION, voiturier à VERSIGNY (Aisne) à qui l’on avait demandé d’expérimenter le fardier à chenilles pendant trois jours, s'adressait ainsi à M. Georges Bataille :
« ...Je vous avoue que j'ai été sceptique en voyant votre engin, ainsi ce fut une réelle surprise en voyant sa facilité de déplacement dans les coupes.
... Mon étonnement s’est encore accru au moment du démarrage de la première grume que j’ai pendue. Bien que de 4 tonnes et en côte en un endroit où, pour démarrer, il m’aurait fallu mettre un câble et une poulie de retour, mes chevaux sont partis sans difficulté et sans choc.
...J'ai assisté ces dernières années à bien des expériences d’inventions nouvelles pour débarder les grumes, mais je n'ai rien vu qui soit aussi concluant.
...Je vous ai signalé quelques modifications lors de votre venue, elles sont, m’avez-vous dit, faciles à réaliser; ce fardier à chenilles sera alors l'instrument de l'avenir. Recevez, Monsieur ... ».
C'était sans compter avec l’apparition des tracteurs et la mécanisation moderne, mais ce témoignage nous montre cependant que les inventions du Patron étaient toujours dans le sens du progrès pour l’homme et qu’il savait déjà écouter les remarques des utilisateurs pour parfaire son produit.
Voiture à bois. Très vite, on adoptera les pneumatiques comme sur le matériel agricole. Cela sera le sujet de notre prochain rendez-vous, mais nous n'avons pas pu résister à vous présenter en avant-première cette voiture à bois de 3500 kg à « :frein énergique » commandé par vis et manivelle.
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Poclain-Journal n° 634 du 06/06/1980.

Dressant l'inventaire des matériels forestiers fabriqués par Poclain dès 1939 et jusqu’après 1950, nous remarquons deux points communs : ils sont tous sur pneumatiques et destinés à la manutention ou au transfert de grumes.
Le triqueballe.
C'est l'appareil de débardage avec cric. Ce cric est disposé sur un dispositif spécial oscillant (breveté) qui lui permet de se placer toujours dans la meilleure position pour le levage. Le triqueballe était disponible en 3 versions : 2,5 t, 4 t et 6 t.
Le triqueballe.
Le triqueballe à diabolo.
Le triqueballe à diabolo.
C'est un appareil uniquement destiné à travailler avec un tracteur muni de treuil, le diabolo agissant comme une poulie de renvoi pour le câble.
Essieux cintré.
Ces essieux en acier fabriqués par les Ateliers de Poclain permettent le montage des appareils par les usagers eux-mêmes.
Essieux cintré.
Diable.
Le diable.
C'est l'appareil de débardage sans cric. Il lève la grume par rabattage de la flèche, Son champ d’action est plus limité ; il sert rarement pour le transport mais plus souvent pour la manutention.
C'est le plus simple et le moins cher de la gamme. Il existe une version Diable de Chantier plus petite pour les scieries.
Bâti de fardier.
Ce bâti s’adapte sur les fardiers existants. Cet appareil était destiné à la traction animale (chevaux ou boeufs).
Trois modèles : 4 t, 6 t, 8 t.
Bâti de fardier.
La remorque à grumes.
La remorque à grumes (3 t, 6 t, 8 t).
C'est un appareil destiné à être attelé derrière un camion et rouler à grande vitesse.
Une flèche coulissante permet de faire varier la distance entre le camion et la sellette arrière pour le transport des arbres de toutes longueurs.
Le chariot à grumes.
Ce chariot à quatre roues possède une flèche coulissante qui fait varier à la demande, l'écartement entre les deux essieux.
Quatre modèles : 4 t, 6 t, 8 t, 10 t.
Le chariot à grumes.
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Poclain-Journal n° 635 du 20/06/1980.
Avant de quitter le domaine de l'agriculture, point de départ des activités des « Ateliers de Poclain », il nous restait à présenter une fabrication tout à fait originale LES PULVÉRISATEURS « ATOUT ». Tractés par un cheval ou par un tracteur, deux modèles de pulvérisateurs étaient proposés à la clientèle en fonction de leur utilisation.
Ils exploitaient un brevet de M. Fernand MESNIL.
Le plus simple était destiné au traitement du doryphore et du mildiou. Il se composait essentiellement d'un châssis sur lequel était monté un petit moteur fournissant la pression, un réservoir à gaz avec détendeur, une cuve tournante et une rampe de pulvérisation dont les jets étaient disposés pour traiter le dessus et le dessous des feuilles.
Le Pulvérisateur à doseur mélangeur était plus sophistiqué. Il était destiné plus particulièrement à des traitements agricoles à base d’acide sulfurique. La structure et le fonctionnement étaient relativement identiques au pulvérisateur précédent mais on avait ajouté une cuve supplémentaire contenant l’acide, ainsi qu’un dispositif breveté (brevet F. Mesnil) : le doseur-mélangeur statique indéréglable. Le petit moteur thermique de 3 CV utilisé pour la pulvérisation avec une rampe de 4,50 m était portée à 4 CV pour la rampe de 6 m. Soucieux de rester polyvalent, le constructeur indiquait qu'en dehors des traitements, le moteur pouvait servir à tous les usages de la ferme, de même que la tonne qui pouvait servir au transport de l’eau et du purin...
Le pulvérisateur A TOUT.
C'était le bon temps ! Le pulvérisateur tracté.
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Poclain-Journal n° 636 du 04/07/1980.

Datant de 1952 un prospectus des Ateliers de Poclain nous renseigne sur une activité complémentaire de l'entreprise : la fabrication de matériels à l’unité sur devis.
Cette activité permettait d’utiliser au mieux l’outillage des deux usines (Le Plessis-Belleville et Crépy-en-Valois). Si l'activité est évidemment tournée sur l’agriculture, on trouve malgré tout quelques matériels destinés à l’industrie.

Feuilletons ensemble ce document :
La REMORQUE à GRAIN, LA REMORQUE à SISAL, LA CHARGEUSE de BETTERAVES, ces trois matériels étant réalisés sur une base de TRIROU bien connue désormais.
LA DEFONCEUSE (ROOTER) : Utilisée en travaux publics pour défoncer les sols durs avant le passage des scrapers.

LE TERRAPLANE : Utilisé pour effectuer le dernier planage en terrains irrigué.

LE BILLONNEUR À 3 RANGS : Machine trés puissante utilisée pour la culture du coton, derrière tracteur de 150 CV.

LE RATEAU À BRANCHES : Utilisé pour le défrichement de surfaces importantes, ce râteau de 5 mètres de longueur est extrêmement puissant. Chacune de ses dents peut tenir un effort de 3 tonnes à son extrémité.

LA PRESSE HYDRAULIQUE : Pour textiles, cette presse hydraulique (la première...) de 10 tonnes est utilisée pour faire des balles d’étoupe ou de filasse de lin.
Le prospectus se terminait en proposant notre technique hydraulique. La suite des évènements l’a montré, c’était l’orientation de l’avenir.
Rateau à branches et défonceuse (Rooter).
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Poclain-Journal n° 637 du 18/07/1980.

Économiser de la main-d'œuvre et de la fatigue a toujours été l’objectif de notre Fondateur. Dans les problèmes de manutention agricoles, l'invention de l'épandeur avait largement facilité le vidage des remorques. Il restait à les remplir mécaniquement, et ce n’était pas le plus simple.

Un cultivateur, M. LAMBERT ami de M. Georges BATAILLE avait bricolé une invention. Son idée allait être reprise et mise au point par les ateliers de Poclain en 1948 : LE CHARGEUR SUR DODGE.
Dès la fin de la guerre, de nombreux camions américains étaient vendus par les surplus militaires. C’est donc tout simplement sur un DODGE 4x4 qu'on allait installer l'invention de M. LAMBERT.
À comparer avec nos pelles actuelles, il est évident que cette « cage » paraît un peu désuète et pourtant...
Pourtant les chiffres sont là : 150 tonnes de fumier chargés à 4 m de hauteur en une journée et pour seulement 25 litres d'essence !
Le fonctionnement est facile, le treuil actionnant la fourche par l'intermédiaire de renvoi sur le bâti; Ce bâti est fixé solidement sur le châssis. La triangulation, par plusieurs points sur la caisse, lui assure la stabilité au chargement. Deux équipements sont adaptables :
  • La pelle pour le fumier ou les betteraves. Elle bascule sur un axe et se vide lorsque l'on tire sur la commande. manuelle.
  • La fourche, pour la paille ou le fourrage. L'inclinaison de la fourche se fait à l’aide d’une corde mouflée commandée par le conducteur.
Chargeur sur Jeep et Dodge.
Une version plus petite du chargeur sera par la suite proposée et montée sur des jeeps et quelques adaptations sur tracteurs à chenilles seront également réalisées.

Par la suite, les treuils de Dodge qui devenaient introuvables furent remplacés par des vérins hydrauliques aussi bien sur les Dodges que sur les jeeps.

Ces ancêtres agricoles amenaient une idée et un nom : La pelle hydraulique. Les deux ont fait leur chemin... Nous aurons l'occasion d'en reparler.

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Poclain-Journal n° 639 du 12/09/1980.

Beaucoup de nos lecteurs nous ont avoué ne jamais avoir entendu parler de tel ou tel appareil. Découvrant avec vous l’histoire de Poclain au travers de ses différentes fabrications, nous avons été parfois surpris par l'originalité de certaines d’entre elles. C'est certainement le cas aujourd'hui avec LA BALAYEUSE-CHARGEUSE pour caniveaux de route. Fabriquée par les ateliers de Poclain dans les années 52/53 d’après une licence EMERY-TENAUD, la balayeuse de caniveaux était-elle si originale que cela ? Oui et non, si l'on se souvient des grands axes de la politique de M. Georges BATAILLE :
Balayeuse chargeuse.
  • Diversifier ses productions pour faire tourner au mieux les ateliers.

  • Faciliter le travail des hommes par une mécanisation intelligente.

  • Développer au maximum l'adaptation de nos fabrications (cette balayeuse était naturellement montée sur un châssis de remorque trirou).
  • Sur ce châssis est monté le mécanisme qui comprend un balai métallique rotatif, qui assure le nettoyage du caniveau, un balai rotatif en PISSAVA, assurant le balayage de la chaussée adjacente au caniveau sur une largeur de 1,10 m, un tambour rotatif entraînant les balayures sur un tapis élévateur qui les déverse dans la benne du camion servant à remorquer la balayeuse.
    Le mécanisme est entraîné par un moteur auxiliaire à essence. Un réservoir d’arrosage et une rampe de distribution d'eau évitent la formation de poussière par temps sec.
    Un élaquo; agent » monté sur la machine règle la précision du balayage et assure la surveillance du fonctionnement.
    Pour une vitesse de marche de 4 à 5 km/h on obtient des rendements de 5 à 10 m3 par jour pour une distance balayée d’environ 10 km de caniveaux.
    Balayeuse chargeuse en action.


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    Poclain-Journal n° 642 du 24/10/1980.

    En 1949 l'économie française est dans une mauvaise passe. La répercussion se fait sentir aux ateliers de Poclain où il est bien difficile de vendre le matériel produit. Pour maintenir un minimum de travail à l'atelier, Monsieur Georges BATAILLE pense à diversifier encore sa production.
    Affiche jouet trirou.
    C'est ainsi que naît l’idée, pour le moins originale, de fabriquer les chariots « trirou » en modèle réduit et de les proposer au réseau de détaillants de jouets. Trois modèles de tailles différentes sont ainsi offerts aux enfants, mais possèdant chacun les maecirc;mes qualités.

    Le prospectus de vente ne craint pas d'affirmer que le mini-trirou ne risque pas d'être malmené, qu’il est incassable et durera longtemps.
    C'est probablement cette solidité qui limitera anormalement les ventes de ces jouets. Le produit étant trop solide, les ventes ne se renouvelaient pas suffisamment.
    Si ces chariots étaient plus particulièrement destinés aux garçons, les filles ne furent pas oubliées car peu de temps après furent fabriquées des panoplies portant le nom de Cendrillon.


    Nous sommes loin, bien sûr, de notre 1000 actuelle, mais l'idée de s’adapter coûte que coûte ne valait-elle pas la peine d'être tentée ?
    Panoplie Cendrillon.
    Jouets trirou.


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    Poclain-Journal n° 643 du 07/11/1980.

    Un certain jour d'Octobre 1951, le personnel des ateliers de Poclain retenait son souffle. Pour tout le monde, c'était le grand jour. L’idée du Patron qui voulait aller plus loin dans la mécanisation agricole avait fait son chemin. Après avoir maîtrisé le déchargement des remorques avec les trirous épandeurs, on s'attaquait à prèsent au chargement.
    On n'avait pas hésité sur les moyens et le prototype qui était là utilisait une technique nouvelle, pleine d'espoir, l'hydraulique haute pression.
    Et c'est pour cela que tout le monde était là.
    L'hydraulique, on connaissait bien un peu avec les remorques, mais là, attention, le problème n’était pas le même. Il fallait conjuguer plusieurs mouvements, avoir de la puissance et de la progressivité. L'engin était là.
    Le premier essai allait pouvoir commencer. Il fallait un volontaire, c'est Pierre BATAILLE, le fils du Patron qui se mit aux commandes pour cette occasion historique.
    Moteur en route.
    On actionna la prise de force du tracteur et c'était parti !
    Parti, mais pas pour longtemps !... trois secondes diront certains, trois minutes estimèrent d’autres plus optimistes, et le flexible explosa arrosant largement d'huile notre premier conducteur.
    Le flexible défectueux fut changé et Pierre BATAILLE, soucieux de son confort installera, avant le deuxième essai, une tôle cintrée en protection au-dessus du flexible... au cas où !...
    Ce n'est bien entendu pas le seul flexible qui lâchera chez Poclain, mais c’était le premier. Il y avait des progrès à faire, nous les avons faits et nous les découvrirons dans nos prochains numéros avec l'évolution de cette TU et ses différentes adaptations.
    TU derrière tracteur.


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    Poclain-Journal n° 644 du 21/11/1980.

    TU portée.
    1951 : Notre TU fonctionne maintenant parfaitement, elle vient même d’être vendue à M. VIET, horticulteur à côté du Plessis. Robert BLONDIAU a vendu la seconde et la troisième, et notre premier concessionnaire M. DE BOHAN à Reims, qui repr&egravre;sentait déjà notre matériel agricole, vient de vendre les numéros 4 et 5.
    On cherche naturellement à progresser et notre TU qui était au départ conçue pour être tractée derrière un tracteur, ce dernier entraînant par la prise de force la pompe hydraulique va connaître plusieurs évolutions.

    On monte sur la tourelle un moteur BERNARD W14, ceci permet une autonomie de fonctionnement et cette tourelle sera montée soit sur le châssis du TRIROU agricole soit sur camion.
    Ce dernier montage est suffisamment intéressant pour que nous lui consacrions notre prochain article.
    TU portée.
    Pelle TU montée sur châssis TRIROU.

    TU sur Dodge.


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    Poclain-Journal n° 645 du 05/12/1980.

    1952 - 1953. La pelle automotrice n'est pasencore inventée mais le besoin des entrepreneurs d'avoir une pelle qui puisse se déplacer rapidement d'un chantier à un autrepousse les ateliers de Poclain à monter de plus en plus de TU sur camion. Cette époque coïncide aussi avec une grande étape dans l’évolution de l’automobile et des poids lourds.
    Pour notre petite histoire nous avons sélectionné dans nos archives quelques modèles typiques qui plairont nous en sommes certains aux amoureux de l'automobile et qui évoqueront quelques bons souvenirs aux anciens.
    TU sur Crosley et Latil
    1. TU sur camion CROSLEY
    Pour ne pas augmenter le prix des pelles, le Patron cherchait partout les bonnes occasions. Un beau jour, il revient, le chapeau en arrière (il était donc content !) annonçant qu’il avait fait une affaire.
    Ce camion CROSLEY (type 92.3) sorti tout droit de l'armée anglaise devait être un bijou. Malheureusement il ne s'est pas avéré aussi parfait que cela et M. Georges BATAILLE n'a jamais vraiment avoué qu’il l’avait acheté à des gitans de passage.
    Il avait pourtant fière allure avec sa tourelle dans laquelle prenait place régulièrement un gars de l'équipe de démonstration.
    2. TU sur camion LATIL
    Heureusement que cette TU travaillait presque exclusivement dans une sablière dans !'Aube, car il fallait être « gonflé » pour réaliser un montage sur un LATIL dont on jugera sur notre photo l'efficacité tout terrain de la garde au sol.
    Pour être précis, cette TU était équipée d’un moteur auxiliaire C.L.M. diesel.

    3. TU sur camion LIBERTY
    II n'y a vraiment que les anciens qui ont connu les camions LIBERTY. Venus des États-Unis lors de la première guerre mondiale (oui celle de 14-18 !), ils étaient rustiques et drôlement solides. Ici pas trop besoin de renfort de châssis.

    Il y a encore quelques progrès â faire pour le confort du conducteur car le plancher en bois de la cabine n'assurait pas une étanchéité parfaite et bougeait beaucoup aux doubles ou triples débrayages obligatoires sur ces engins.

    Cette TU a été la première pelle vendue par Poclain sur Paris, elle était équipée d’un moteur Vendeuvre.
    TU sur Crosley et Latil
    4. TU sur camion SAURER Émouvant aussi ce camion Saurer « belle époque » et pas très travaux publics. Pratiquement inusable ce type d'engin avait quelquefois besoin d'une petite aide, pour démarrer, preuve en est sans doute la chaïne que l’on aperçoit à l’avant.
    Un moteur auxiliaire Bernard équipait la tourelle de la TU...
    TU sur Crosley et Latil


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    Poclain-Journal n° 646 du 19/12/1980.

    Nous reprenons la suite de notre texte sur les différents montages de TU sur camion.

    5. TU sur GMC
    Ce GMC (type CCK W 352 cabine tôlée 3J3 cabine fermée) était assurément le porteur rêvé pour recevoir une TU.
    Robuste et parfaitement adapté au tout terrain, il venait de le prouver sur tous les fronts de la libération.
    Un grand nombre de GMC seront donc équipés par les ateliers de Poclain qui fignoleront le montage en appliquant un brevet Poclain pour le blocage des lames de ressorts sur les ponts arrières (système non hydraulique mais déblocable par clavette pour la position route).
    Les anciens vous diront qu'un GMC ainsi équipé devenait un véritable « Tape-cul » mais dont les lames de ressorts tenaient à toute épreuve.
    TU sur GMC CCK 352
    6. TU sur GMC cabine avancée
    TU sur GMC cabine avancée
    Moins répandu, de type cabine avancée « AFKWX 3J2 » mais sortant lui aussi tout droit des stocks américains d’après guerre, le GMC cabine avancée fut aussi bien employé pour monter des TU.

    Celle-ci est équipée d'un moteur auxiliaire Vendeuvre Z1P.

    La photo a été prise dans les rues de Bergerac.
    7. Pelle TU sur DODGE « Beau comme un camion ».
    Notre TU détonne un peu il est vrai, montée sur ce Dodge CARGO aux lignes particulièrement arrondies.
    On remarquera les rehausses très artisanales pour la masse du contre-poids « réglable ».
    TU sur Dodge Cargo
    8. Pelle TU sur camion AUTOCAR
    Assez peu connue il est vrai, la marque américaine Autocar était arrivée en France avec la guerre de 39/45. Si on ne voit pas beaucoup ce camion, nous n'avons pas résisté à passer cette photo puisque son conducteur est M. TRANGOSI. Il est vrai qu'à l’époque on était polyvalent et qu’on quittait volontiers le bureau pour une démonstration... en conservant le mégot au coin des lèvres...bien sûr !

    TU sur Autocar
    1952/1953 : pelle TU sur camion AUTOCAR U 8144T chargeant un Dodge, notre célèbre Félix aux commandes.
    9. TU sur camion FORD
    À force de monter nos TU sur des GMC, les stocks s'épuisent et ce type de porteur commence à se faire rare et nous avons de plus en plus de mal à en trouver.

    Il faut donc se résoudre à chercher d’autres possibilités. Cette photo prise en Angleterre en 1954 nous montre un camion FORDSON THAMES 7 V du plus pur « chic-anglais ».

    Un énorme progrès est également fait maintenant, les TU avec des cabines.
    Celles-ci sont fabriquées par la Sté VERGAUVE à St Quentin.
    TU sur Fordson


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    Poclain-Journal n° 647 du 09/01/1981.

    Depuis son lancement la TU n'a, en fait, jamais cessé d’évoluer. Si la technologie de l’hydraulique haute pression n'en est encore qu'à son balbutiement c’est surtout vers le confort du conducteur que les efforts vont porter.
    Comme nous l'avons vu, des cabines assez artisanales ont été montées, mais c’est avec le lancement de la TL en 1956 que le plus grand pas sera franchi.

    Disons le tout de suite, la TL est en fait une TU améliorée dans laquelle, et pour la première fois, le conducteur, dans sa cabine, est séparé du moteur (un CLM VENDOEUVRE de 15 CV). Ce dernier étant bien à l’abri sous un capotage spécial.
    Ce grand progrès vers le confort sera décisif et très rapidement Poclain va se faire l’artisan du progrès dans ce domaine.

    Rappelons pour mémoire que la TL n’a existé que dans une seule version (sur camion), qu’il n’y avait pas de stabilisateurs mais des blocages de ressort sur le pont AR, et que la rotation totale n'étant pas encore inventée, l’orientation se faisait par 2 vérins hydrauliques dont les tiges étaient terminées par des crémaillères agissant sur une couronne dentée.

    TL en façonnage de talus
    TL en reprise de graviers


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    Poclain-Journal n° 648 du 23/01/1981.

    Aux Ateliers de Poclain en 1955/56 on travaille activement dans deux directions.
    1. Améliorer encore la TL (que nous avions présentée la semaine dernière) et la transformer en automotrice. Elle sortira en 1956 sous le nom de TY (nous en reparlerons).
    2. Mettre au point une pelle semi-portée, moderne et compétitive.
    TO derrière tracteur Nous retrouvons dans les rapports techniques l'appellation « Petite pelle » jusqu'au milieu de l'année 1956 ; elle recevra alors son nom de baptême définitif la « TO ».

    La concurrence des « grues » LORRAINE qui commence à être réelle nous oblige à aller très vite pour les études, d’autant plus que Ferguson envisage alors de sortir une petite pelle derrière ses tracteurs agricoles.

    Dans le principe, cette toute nouvelle TO est directement dérivée de la première TU : l'entraînement de la pompe est fait grâce à la prise de force du tracteur, la rotation de la tourelle se fait toujours sur 300° environ grâce à 2 vérins à crémaillères, le confort du conducteur est « relatif » mais la flèche commence drôlement à ressembler à une flèche de travaux publics et l’on voit apparaître les premiers vérins double-effet.

    Rappelons pour terminer que cette pelle disposait :
    - d'un godet rétro de 150 l.
    - d'une benne de 190 l.
    - d'un godet chargeur de 180 l.


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    Poclain-Journal n° 649 du 06/02/1981.

    La demande (ou le besoin de toujours chercher plus loin, des solutions nouvelles) amène les ateliers de POCLAIN à étudier des adaptations de la TO.
    Très naturellement la tourelle sera montée sur camion. La pompe hydraulique étant entraînée par un moteur situé derrière le conducteur (Photo 1).

    Les 2 autres adaptations ne seront réalisées qu’à l’état de prototype.
    - la TO automotrice, ... dont la stabilité à posé quelques problèmes (Photo 2)
    - la TO sur chenillette. Le prototype a été réalisé par un client d’Orléans la Société BORNHAUSER - MOLINARI
    Dans ce dernier cas le moteur thermique était installé sur la chenillette (Photo 3).
    TO sur camion
    TO automotrice TO sur chenilles


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    Poclain-Journal n° 650 du 20/02/1981.

    1956 est une grande année dans l’histoire de Poclain. La présentation à la foire de Lyon en Avril de la première pelle automotrice sur pneus ouvre la route du futur. Cette automotrice recevra le nom de baptême de TY probablement parce que son châssis, directement dérivé du Trirou faisait penser à cette lettre de l'alphabet.
    Grâce aux rapports des conférences techniques de 1956 dont nous avons pu prendre connaissance, nous pouvons retracer avec exactitude le lancement de ce modèle. Cela rappellera, nous en sommes certains, de bons souvenirs aux anciens.

    En février 56, on décide de fabriquer 2 prototypes d'automotrice. L'un servira aux essais, l'autre pour être exposé dans les foires. On fabriquera effectivement 3 prototypes, le premier après les essais et les mises au point sera par la suite vendu à Monsieur JACOB, le second à Monsieur CHAPELET qui refusera la livraison car des points de détails n’avaient pas été suffisamment soignés, et l'acceptera ensuite après un retour à l’atelier et une mise au point rigoureuse. Le 3ème proto, après avoir été à Bordeaux, reviendra et sera vendu à Monsieur DUVAL.
    TO sur chenilles
    TO sur chenilles Soulevons le capotage et découvrons ensemble la machine. C’est bien entendu l’expérience de la TU et de la TL qui est utilisée, l’équipement est celui de la TL avec vérins simple effet. Le moteur est un Vendeuvre. On essaiera par la suite un CERES. Le châssis est équipé d’un pont Berliet sans réducteur, qui lui aussi évoluera par la suite. La rotation de la tourelle est encore commandée par 2 vérins â crémaillères qui n’autorisent qu’une rotation partielle sur 300° avec retour en arrière.

    Mis à part les problèmes de fuites des flexibles, ce sont surtout les freins qui donneront du fil à retordre à nos metteurs au point. La nécessité d’ancrer plus solidement la machine au sol nous amènera à étudier des « béquilles hydrauliques » qui seront montées en septembre sur le proto n° 3.

    Testée durement par nos clients et suivie de près par nos techniciens, cette première automotrice va faire son trou et dès la fin de l'année on relance une seconde série de 5 prototypes, on dessine un équipement plus moderne et on appelle un esthéticien industriel pour lui donner « bonne mine », mais ceciest une autre histoire...


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    Poclain-Journal n° 651 du 06/03/1981.

    Les principales nouveautés des ateliers de Poclain en cette année 1959 portent vers l'amélioration des performances de la TY. Notre nouvelle automotrice est maintenant bien au point, les stabilisateurs sont montés en série et un gros travail va porter sur l’équipement . L'utilisation pour la première fois de vérins double effet va révolutionner notre manière de faire. L'augmentation des rendements, une puissance plus importante nécessitent un nouveau dessin d'équipement. La TYA se présente donc en 1960 avec une préflèche, une flèche et un balancier dont l'esprit sera, par la suite, conservé et dont on retrouve encore la trace dans les montages « mécano » actuels.

    La polyvalence de nos machines poussée depuis toujours par le Patron, est maintenant bien connue de nos clients, qui disposent d'une gamme de plus en plus importante « d'outils » spécialisés.
    Équipements de la TYA
    Pelle TYA Ils découvriront cependant avec un très grand intérêt notre toute nouvelle benne preneuse, dont l'ancien système d’ouverture par ressort, devenu quelque peu archaïque, a été avantageusement remplacé par un montage très judicieux d'un vérin hydraulique double-effet.

    La TYA de 1960 marquera, en fin de compte, pour Poclain une étape importante : ce sera la fin d’un certain « style » très directement dérivé de l’agriculture.
    Le grand tournant sera pris en 1961, nous découvrirons cela dans notre prochain numéro.


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    Poclain-Journal n° 652 du 20/03/1981.

    1960/1961  :
    C'est en définitive Technes qui a été retenu pour étudier l’esthétique du nouveau projet de pelle. La technique a bien progressé, l’on dispose maintenant d’un châssis avec stabilisateurs hydrauliques de série, la rotation de la tourelle est totale et continue grâce à l’utilisation d’un joint tournant hydraulique. Les vérins sont à double effet, la puissance est portée à 45 CV.
    Tout ceci représente le « top niveau » en matière de travaux publics et Georges BATAILLE est bien décidé à frapper un grand coup en lançant son nouveau produit.
    Il faut que sa pelle intègre les dernières nouveautés en matière d’ergonomie (facilité de conduite, confort du conducteur) et d'esthétique. Cette approche, toute nouvelle pour l'époque, sera un des éléments les plus forts pour notre image de marque.

    Nous ne pouvons passer sous silence la réaction de Monsieur Georges en découvrant la première maquette et disant à M. PARTHENAY : « Ça ne me plait pas... mais puisque vous êtes spécialiste et que vous dites que cela est bien, c'est bon, on fera ce que vous dites ! ».

    Cette anecdote montre en tout cas une grande sagesse car la TY 45 qui était la première pelle hydraulique vraiment moderne a connu tout de suite le succès.
    Pelle TY 45
    Les photos qui illustrent cet article sont, elles aussi, historiques. La pelle que nous voyons est en effet la toute première TY 45. On reconnaît à gauche M. BROCHET et M. PARTHENAY (l’esthéticien). Vous remarquerez également que la marque TYB qui figure à l’arrière de cette première pelle n'a pas été retenue (elle était une suite logique à TY et TYA.

    Si c'est un numéro 2 qui figure sur la porte cela veut dire que c'est le deuxième prototype de tourelle, (le premier ayant été monté sur un châssis de camion). On est donc bien là en présence de notre première pelle moderne.

    Chapeau Madame, vous avez encore l'air bien jeune...
    Pelle TY 45


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    Poclain-Journal n° 654 du 17/04/1981.

    La TY 45 a fait son trou. Elle commence à être connue et plait beaucoup. Il lui faut très vite une petite sœur car sa maniabilité légendaire se trouve forcément limitée en très mauvais terrain.

    La TC 45 voit donc le jour en 1962.

    Trois largeurs de tuiles sont adaptables et la plus large (36" soit 91 cm), assure une pression au sol moins forte que le pied humain, on fera encore mieux avec les tuiles spéciales marais. Il est donc maintenant possible d'envisager les travaux d'assainissement dans des zones jusque là inaccessibles !
    Pelle TC 45


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    Poclain-Journal n° 655 du 30/04/1981.

    Pelle FY 30 Les besoins du marché des TP rendent vite nécessaire l'étude d’une petite sœur à la TY 45.

    Le cahier des charges définit une pelle plus petite, maniable, facilement transportable sur un camion normal et dont la puissance ne dépasserait pas 30 chevaux.

    C'est ainsi que voit le jour la FC 30 sur chenilles en 1963. La version sur pneus ne sera proposée à la clientèle que 2 ans plus tard. Ce sera la FY30.

    Destinées à une clientèle de petits maçons par exemple, la FY 30 pouvait être équipée d’une potence ou d'une fourche manutention.

    Elle trouvera curieusement une application à laquelle nous n’avions pas pensé au départ, mais qui mettait en valeur ses qualités de maniabilité, celle de « fossoyeur » dans les grands cimetières parisiens.

    Ce ne sera heureusement pas les seuls débouchés de ces machines qui seront fabriquées jusqu’en 1976.


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    Poclain-Journal n° 656 du 15/05/1981.

    1964 :
    Dans ce début de Mai, trône au beau milieu du stand Poclain d’Expomat notre première « Grosse pelle ». C'est la GC120. On fera bien sûr beaucoup mieux par la suite, mais cette pelle marque déjà une étape importante dans l'évolution de Poclain.

    La GC120 avec ses 108 CV DIN et 115 CV SAE venait répondre à la demande d’une clientèle de plus en plus exigeante sur les performances, en particulier dans le domaine des grosses canalisations et du terrassement.

    Cette pelle nous donnait aussi l'occasion de nous « frotter » au marché des carrières et à des engins jusque là réputés imbattables dans ce secteur : les pelles à câble.

    Soyons honnêtes, nous ne réussirons vraiment dans cette clientèle que plus tard, et pour cela il faudra des pelles encore plus grosses !
    Pelle GC 120
    ... Ceci est une autre histoire.

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    Poclain-Journal n° 657 du 05/06/1981.

    Pelle TCS La différence entre la puissance de la TY45 et la GC 120 qui vient de sortir est importante. Poclain prépare dans ses bureaux d’études les autres modèles qui viendront s’intercaler. Mais il faut aller très vite. Aussi lance-t-on dès 1965 une TC plus « musclée » qui portera le nom de TCS.

    Reconnaissable de loin par sa flèche monobloc coudée, la TCS annonçait 70 ch., et un poids d'environ 13 tonnes suivant l'équipement.

    Cette nouvelle pelle fut très bien accueillie sur l’ensemble du marché et tout particulièrement dans les pays anglo-saxons, où la nature des sols plus rocheux réclamait une pelle puissante.
    Pelle TCS


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    Poclain-Journal n° 658 du 19/06/1981.

    1966 : Ford gagne aux 24 h du Mans ! La technique industrielle est venue dominer le génial Ferrari.
    La technique a également bien progressé dans les travaux publics, et pour POCLAIN ce sera l'année record, ce record étant représenté par le nombre de nouveaux modèles sortis cette année-là.
    Pelle GY 120 Pelle TYM
    Jugez-en :

    GCK : Une GC120 revue entièrement avec un châssis mieux adapté à la carrière.

    GY 120 : Une première mondiale.
    En effet, la translation de cette pelle sur pneus était entièrement hydraulique.
    C'était aussi la plus grosse pelle hydraulique sur pneus.

    TYM : Une TY équipée pour la manutention ; flèche grue, 4 stabilisateurs et quelques aménagements hydrauliques.


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    Poclain-Journal n° 659 du 03/07/1981.

    1967 : Après l’année « record », Poclain souffle un peu. Un seul nouveau modèle sera présenté à notre clientèle : la LY2P.
    Cette pelle complète la série L (80 ch.).
    Extérieurement la tourelle est identique aux modèles LY80 (1 pont) et LC80 (sur chenilles). Seul son châssis diffère : trapu et rustique, il est équipé de 4 stabilisateurs et de 2 ponts moteurs (le pont avant étant décrabotable).

    Cette pelle vraiment tout terrain profite de l'expérience acquise avec la TY45 2 ponts.

    Elle connaîtra d’ailleurs un succès mérité puisque ce sera le modèle sur pneus le plus vendu, après la TY bien sûr.
    Pelle TY 2P


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    Poclain-Journal n° 660 du 24/07/1981.

    Pelle HC 300
    MAI 1968 : Tout était prêt sur le stand d’Expomat.
    Tout était prêt et la dernière nouveauté de POCLAIN devait normalement marquer des points sur nos concurrents et intéresser nos clients.
    Malheureusement, et pour les raisons dont on se souvient, ils ne furent pas nombreux sur le stand.

    Et pourtant ! Elle avait une sacrée allure, la petite dernière !
    Pensez donc, on osait 300 chevaux sur une pelle !
    Trapue et parfaitement équilibrée, la HC 300 était lancée pour suivre la demande d’un marché toujours plus attiré par le haut de gamme.

    Cette pelle, de par sa puissance et sa conception, sera réellement la première pelle qui nous permettra d'attaquer avec succès le marché des carrières et de marquer définitivement la fin des pelles à câble de cette catégorie.

    Pour la petite histoire, signalons également que c’est en 1968 que nous sortirons la TYS (une TY 45 améliorée, à 4 roues motrices et dont la puissance était portée à 62 ch.) ainsi que la GP 120 (une tourelle de G montée soit sur ponton, soit sur porteur, soit à poste fixe, qui serait plutôt des adaptations spéciales que de la grande série).

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    Poclain-Journal n° 660b du 11/09//1981.

    Une petite pelle, pliante, maniable et tout terrain : c'est ce que cherchait l'armée française pour s’équiper.

    POCLAIN, répondant à cet appel d’offres, présente la CP 20 et obtient le marché en 1969.

    Cette petite pelle montée sur un châssis Marmon-Simca renforcé, rappelle de très loin nos anciennes TO. La flèche est repliable et offre la possibilité de creuser à 2,60 m.

    La CP 20 était en avance sur une publicité célèbre qui dira plus tard : « avec POCLAIN gagnez la guerre des tranchées ».
    Pelle CP 20


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    Poclain-Journal n° 275 du 05/11/1971.

    Pelle CP 20
    LA CP 20 DE A à Z.
    • La CP 20 est une pelle d’intervention rapide. (80 kilomètres heure sur route).
      Equipée en rétro, la CP 20 est destinée particulièrement à tous les travaux de terrassement et de tranchée.
    • Montée sur une camionnette 4 x 4 de 1,5 tonne, l'ensemble de la CP 20 est d'un poids total en ordre de marche de près de 6 tonnes.
    • LA FLÈCHE (2m75) est composée de deux éléments articulés. Le BALANCIER (1m20) reçoit un GODET RÉTRO de 190 Litres muni de dents démontables en acier spécial moulé.
    • Deux STABILISATEURS assurent la stabilité de la machine et permettent d’utiliser sa puissance de travail.
    • RAMPE FRANCHISSABLE : 50 %.
    • Grâce à l’étanchéité des circuits électrique et hydraulique, la CP 20 peut franchir des gués de 1m20.
    • La CP 20 est AÉRO-TRANSPORTABLE. Sans aucun démontage, elle peut prendre place aisément dans un avion cargo C 160 TRANSALL.


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    Poclain-Journal n° 661 du 25/09/1981.

    Pelle RC 200
    1970 : Présentation de la RC 200.
    Cette nouvelle machine ne se caractérise pas uniquement par son esthétique particulière. Elle marque en fait une étape importante dans l'histoire de Poclain : étape de transition entre la technique de l'ancienne gamme (que nous avons découverte tout au long de cette rubrique) et ce qui sera la nouvelle gamme (c'est-à-dire les pelles actuelles).

    Les principales évolutions techniques porteront sur deux points :
    • Un circuit hydraulique tout nouveau qui, se dégageant du débit fixe en « adaptant » le débit variable, marque l'étape intermédiaire indispensable pour nous amener au débit étagé.
    • Une architecture d'équipement toute nouvelle : La flèche de la RC 200 avec ses vérins flanqués de part et d'autre, avec son pied de flèche entièrement nouveau préfigure dès 1970, ce que seront les équipements actuels.


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    Poclain-Journal n° 662 du 09/10/1981.

    1972 : La vedette d'Expomat cette année-là, était sans aucun doute notre toute nouvelle EC 1000. La plus grosse pelle hydraulique du monde avait vu le jour l'année précèdente.

    Pelle EC 1000
    Etudiée pour aller se mesurer avec les grosses pelles à câbles sur leur terrain de prédilection, les mines et les carrières, la EC 1000 avait du muscle et de l'abattage.
    Pour loger les trois moteurs diesel assurant une puissance de près de 900 chevaux et la centrale hydraulique, les ingénieurs avaient vu grand. À l'intérieur, on se déplaçait debout très à l'aise, pour assurer l'entretien et la maintenance.

    Les performances de la EC 1000 étaient à la hauteur de son poids : 137 tonnes.
    Hauteur d'attaque en chargeur 12,50 m et profondeur en rétro 10,50 m.


    ... largement la hauteur d'une maison de 3 étages !
    Ce n'est pas étonnant que la brave 204 fasse aussi petite à côté de ce monstre.



    Depuis, bien sûr on a fait mieux et plus compact, mais c’était il y a 10 ans et cette étape était indispensable.
    Pelle EC 1000


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    Poclain-Journal n° 663 du 23/10/1981.

    EXPOMAT 74 : L'attraction principale de l'exposition cette année-là était le stand du groupe Poclain. Les nombreux clients qui venaient nous rendre visite n'avaient d'yeux que pour nos « petites dernières ». Certains en oubliaient même nos hôtesses toutes de rouge vêtues (mais ils n’étaient pas nombreux !).
    Expomat 1974
    Il faut dire que les pelles de la nouvelle gamme avaient de quoi attirer l'attention : lignes entièrement nouvelles, cabines spacieuses et confortables, variodyn... tout y était !

    Cette première présentation des nouveaux modèles en public marque, bien sûr, l’arrêt progressif de l'ancienne gamme que nous avons découverte ensemble, tout au long de ces articles.
    Cette rubrique « Historique » s'arrête donc pour l’instant, et tout naturellement.

    Bien entendu, nous n'avons pu passer en revue absolument tous les modèles que Poclain a fabriqués par exemple la GP120, la TYM, la LP ou les TX et TCB...

    Que les amis qui ont travaillé sur ces pelles ne nous en veuillent pas, la liste aurait été trop longue.
    L'« historien de service » vous dit pour l'instant au revoir, mais reste à la disposition de tout lecteur qui serait intéressé par des renseignements complémentaires.

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